La filière fruits et légumes sur le gril de l’Autorité de la concurrence

Selon l’Autorité de la concurrence, il est nécessaire de renforcer la concurrence au sein de la filière fruits et légumes.

 

À la demande du gouvernement, l’Autorité de la concurrence de la Nouvelle-Calédonie (ACNC) s’est penchée sur l’organisation de la filière fruits et légumes. Rendues en début de semaine, ses conclusions pointent des dysfonctionnements et proposent dix recommandations pour améliorer la concurrence au sein de la filière. Une base de travail sur laquelle le gouvernement entend rebondir rapidement.

Fin mars 2018, le membre du gouvernement en charge de l’agriculture, Nicolas Metzdorf, posait la question suivante à l’ACNC : « L’organisation de la filière fruits et légumes permet-elle de garantir les conditions d’une véritable concurrence entre opérateurs, en faveur de l’émergence de nouveaux entrants d’une part, du consommateur d’autre part, en termes de suffisance et de diversité d’offres et de prix ? ».

Dès lors, la toute nouvelle entité a entrepris « un travail titanesque qui a produit l’analyse la plus précise et la plus complète jamais réalisée sur la première filière agricole calédonienne », se félicite Nicolas Metzdorf.

Des dysfonctionnements concurrentiels évidents

Le fruit de ce travail, rendu lundi 23 juillet, est sans appel. « L’Autorité considère que l’organisation de la filière fruits et légumes ne permet pas de garantir les conditions d’une véritable concurrence entre opérateurs et ne contribue pas efficacement à l’objectif de renforcement de l’autosuffisance alimentaire ni à la diversité de l’offre des produits, peut-on lire dans l’avis de l’ACNC publié sur son site Internet. Elle ne permet pas non plus de limiter la volatilité des prix des fruits et légumes qui continuent de progresser chaque année au détriment des consommateurs. En conséquence, si l’arrivée de nouveaux entrants est possible, l’organisation actuelle de la filière est propre à dissuader d’éventuels candidats ».

Le gouvernement au travail

« Ce constat ressenti, constaté et partagé depuis longtemps est aujourd’hui posé par une autorité administrative indépendante », souligne le membre du gouvernement en charge de l’agriculture qui entend désormais « entreprendre un travail sur la base des dix recommandations de l’Autorité, avec l’ensemble des acteurs concernés qui souhaitent s’impliquer dans l’amélioration du fonctionnement de la filière, en faveur de l’intérêt général ».

Ces travaux seront lancés dès le mois d’août avec une présentation du rapport de l’ACNC aux professionnels du secteur, la définition d’un calendrier de travail et la mise en place d’un comité de suivi chargé de mettre en œuvre les dix recommandations de l’Autorité. « La problématique de la filière fruits et légumes et de son organisation est une vieille problématique où l’inertie a souvent triomphé. Espérons que, grâce au travail de l’autorité de la concurrence et à la mobilisation des énergies constructives, le progrès puisse enfin l’emporter », souhaite Nicolas Metzdorf.

Publication du premier rapport d’activité de l’Autorité de la concurrence

Première autorité administrative indépendante de Nouvelle-Calédonie, l’ACNC doit rendre un rapport public de son activité au gouvernement et au Congrès avant le 30 juin de chaque année. La première édition de ce document, qui porte sur la période allant de mars (date d’entrée en fonction de l’Autorité) à juin 2018, a été examinée par le gouvernement cette semaine. On y apprend notamment que l’ACNC a rendu 13 décisions, avis ou recommandations depuis son installation.

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