Un budget plus sain et plus serein

Le gouvernement a arrêté un projet de délibération du Congrès relative au débat d’orientation budgétaire (DOB) 2019. Avec une conjoncture économique plus favorable, des recettes fiscales en hausse, et une politique de rigueur qui permet de maintenir le niveau des investissements. Le DOB sera examiné en séance publique au Congrès en début de semaine prochaine.

Un débat d’orientation budgétaire est constitué d’une analyse des évolutions économiques et de la stratégie budgétaire prévue, ainsi que d’une évaluation à moyen terme des ressources et des charges de la Nouvelle-Calédonie. Selon le rapport d’octobre 2018 du cabinet Syndex commandé par le Conseil du dialogue social (CDS) relatif à la conjoncture générale du pays, la croissance devrait s’établir à 2 % en 2018 (et 3 % en 2019). La balance commerciale se redresse, l’emploi s’améliore, les crédits à la consommation et à l’habitat des ménages reprennent. « Après avoir subi des années difficiles liées à l’arrêt des grands chantiers et aux cours extrêmement bas du nickel, l’économie retrouve des couleurs, la situation s’assainit et on s’oriente à nouveau vers une sérénité budgétaire », confirme Nicolas Metzdorf, membre du gouvernement notamment en charge du budget.

Comment ? Grâce d’abord à l’augmentation des recettes fiscales. En 2019, elles devraient progresser de 4,3 %, notamment boostées par celles provenant de la mine et de la métallurgie. À noter toutefois une baisse de rendement prévue sur la TAT3S, d’environ 2,3 milliards de francs, suite à la diminution des consommations d’alcool sur les dix premiers mois de l’année 2018 : baisse des importations de 50 % pour les alcools forts, de 30 % pour les bières, vins et cidres. « Un impact fiscal négatif pour le pays, mais une bonne nouvelle pour la santé des Calédoniens », résume le porte-parole du gouvernement.

Sans l’aide des établissements publics

Deuxième élément permettant d’atteindre l’équilibre budgétaire, un effort de rigueur, en particulier sur les dépenses liées aux charges de personnel, « un secteur qui restait à améliorer ». Avec le transfert récent de nouvelles compétences, il a en effet fallu recruter. Comme au sein de la Protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse, ou à la direction de la Sécurité civile et de la gestion des risques. « La masse salariale du gouvernement avait augmenté ces dernières années. Nous avons réussi à la stabiliser, sans création de nouveau poste. » De quoi maintenir les dépenses d’investissement à hauteur de 9 milliards de francs, un niveau suffisamment élevé pour soutenir le secteur du BTP (lire l’encadré).

Enfin, et « pour la première fois depuis trois ans », la Nouvelle-Calédonie ne fera appel à aucun de ses établissements publics pour équilibrer son budget, comme ce fut le cas ces dernières années avec l’OPT-NC ou le Port Autonome. Le budget 2019 pourra donc se passer de prélèvements exceptionnels. Une bonne nouvelle, même si « la marge de manœuvre demeure étroite ».

De nouvelles mesures pour le BTP

Malgré les efforts publics déployés depuis 2016 pour soutenir l’activité et l’emploi dans le BTP (défiscalisation en faveur du logement intermédiaire, modification du dispositif Prêt à taux zéro, aide fiscale à l’investissement outre-mer prolongée jusqu’en 2025, TGC à 6 %…), ce secteur continue de tourner un peu au ralenti. Le gouvernement devrait donc soumettre au vote du Congrès avant la fin de l’année de nouvelles mesures fiscales (réduction des droits d’enregistrement, hausse de la déductibilité des intérêts d’emprunts, prorogation d’exonération des revenus locatifs pour 3 ans…) afin de favoriser la construction de logements neufs. Par ailleurs, la commande publique s’est fixé un objectif supérieur à 50 milliards d’investissements par an sur la période 2019-2021, pour soutenir les grands chantiers. En parallèle, la réforme des marchés publics doit permettre de rendre les appels d’offres et l’exécution des marchés plus fluides.

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