Un rayon de soleil sur Poya Sud


Photo de groupe, avec les bénéficiaires, les représentants des institutions et Enercal.

 

L’inauguration de kits photovoltaïques installés sur quatre habitations de Beaupré, au sud de Poya, s’est déroulée ce jeudi 20 novembre. Il s’agit de la première phase d’un programme d’électrification des zones rurales éloignées, qui s’étalera sur trois ans et concerne 36 riverains.

 

Lieu-dit Beaupré, zone de Poya Sud, des terrains arides, des maisons isolées, loin de tout. Une cinquantaine de riverains vivent ici. Certains disposent d’un kit photovoltaïque de technologie ancienne ou de taille insuffisante, financé par le Fonds d’électrification rurale (FER), d’autres font tourner d’antiques groupes électrogènes. Les dépenses en gazole peuvent atteindre 50 000 à 80 000 francs par mois, sans compter les frais d’entretien.

C’est dans ce contexte que fin 2017 et à l’initiative du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, s’est créé un comité de pilotage réunissant aussi des représentants de la mairie de Poya, de la province Sud, d’Enercal et de l’association Poya Sud. Cette dernière, qui existe depuis 2003, porte notamment les demandes relatives à l’électrification de la zone. Enercal a réalisé une étude pour raccorder les habitants à son réseau filaire. Mais les travaux ont été estimés à 375 millions de francs. Trop cher.

Trois fois moins cher que le filaire

Une autre option a alors été identifiée, et choisie : la pose d’un kit photovoltaïque 6 000 Wh/jour. Coût : 122 millions de francs pour électrifier 36 riverains, plus de trois fois moins cher que le filaire. Avec des kits performants qui permettent de brancher plusieurs équipements de base, comme une télévision, un réfrigérateur, un petit congélateur ou encore une machine à laver.

Quatre premiers foyers de Beaupré ont ainsi pu en bénéficier : l’éleveur Max Newland, le vieux Roger Choczinski, et les familles Dalstein et Chenevier. Ce jeudi 20 décembre, leurs kits ont été inaugurés par Nicolas Metzdorf, membre du gouvernement en charge de l’énergie, et par les autres partenaires du dispositif. « Jusque-là, Max Newland stockait son froid chez ses parents à 20 km de chez lui, indique Nicolas Metzdorf, par ailleurs président du FER. Aujourd’hui, il a pu acheter un nouveau frigo et fabrique lui-même sa glace. Les kits lui ont changé la vie ! ». D’ici à la fin 2021, les 36 foyers de Poya Sud devraient tous être équipés, à raison d’une douzaine par an. Prochains objectifs ciblés par le gouvernement, les tribus isolées de Kaala-Gomen.

Nicolas Metzdorf et Nina Julié.

Les partenaires du dispositif
Évalué à 3,4 millions de francs, chaque kit est financé à hauteur de 1,2 million de francs par le FER et la province Sud, et à hauteur de 500 000 francs par la commune d’accueil et le propriétaire des lieux. Une aide supplémentaire, plafonnée à 300 000 francs par foyer, pourra être versée pour la rénovation des installations électriques intérieures par l’Agence calédonienne de l’énergie (ACE). Outre le gouvernement, les autres partenaires étaient présents à Poya : Philippe Gomès, député de la seconde circonscription, Nina Julié, présidente de l’ACE et de la commission environnement à la province Sud, Yasmina Metzdorf, maire de Poya (et une partie du conseil municipal), ainsi qu’un représentant de la société Enercal.

Tous les foyers raccordés en 2022
Institué en 1983 et notamment abondé par le produit de la taxe sur l’électricité, le Fonds d’électrification rurale (FER) a pour objectif de financer des extensions de lignes électriques, des kits photovoltaïques ou des micro-réseaux hybrides pour les foyers non électrifiés. Le plan pluriannuel d’électrification rurale de la Nouvelle-Calédonie 2018-2022, arrêté par le gouvernement le 23 janvier 2018, permet d’attribuer 700 millions de francs par an pendant cinq ans au FER. Un montant en augmentation de 150 millions par an par rapport aux budgets précédents, et qui doit permettre l’électrification de l’ensemble des foyers existants recensés par les communes d’ici à 2022. En 2017, 765 foyers (particuliers, entreprises, écoles, maisons communes ou stations de pompage) n’étaient toujours pas raccordés au réseau général.

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