Le boom du photovoltaïque

Ces fermes solaires pourront faire passer l’autonomie électrique de la distribution publique de 31 % à 36 % à l’horizon 2021 et réduire les émissions de CO2 de 42 000 tonnes par an.

 

Le gouvernement vient d’autoriser l’exploitation de sept nouveaux projets de centrales photovoltaïques sur la Grande-Terre. Une bonne nouvelle pour l’environnement, mais aussi pour l’économie car le prix de vente de l’électricité solaire a été divisé par deux sur ces deux dernières années.

Les objectifs de production photovoltaïque fixés d’ici à 2020 ont été atteints dès le premier trimestre 2018. Raison pour laquelle le gouvernement a décidé en juin de la même année d’autoriser l’injection de 30 Mégawatt-crête (MWc*) supplémentaires dans le réseau et d’avancer de cinq ans les objectifs précédents. Sur les 76 dossiers déposés pendant cette période d’instruction, sept projets ont été retenus pour une puissance totale de près de 33 MWc. Quatre sont portés par la société Quadran Pacific à Pouembout, Koumac, Poya et Koné. Une ferme solaire sera réalisée à Païta par la société PV Kotabore et une autre à Prony par Eole Kafeate. Enfin, un seul projet photovoltaïque avec stockage de 6 MWc a été autorisé pour la société Kwita Wike à Boulouparis. L’ensemble de ces réalisations représente un investissement d’environ 4 milliards de francs.

Le photovoltaïque compétitif

Avec un prix de vente moyen de l’électricité sans et avec stockage qui est respectivement de 7,7 francs et de 11,2 francs par kilowatt-heure (kWh), les énergies renouvelables reviennent désormais moins chères que les énergies fossiles. De plus, ces nouveaux projets permettront d’éviter d’importer environ 500 millions de francs de combustible fossile chaque année.  Pour Nicolas Metzdorf, trois raisons expliquent cette chute des prix. « La présence d’une concurrence qui pousse les entreprises du secteur à être plus compétitives pour obtenir des autorisations d’exploiter, la baisse des tarifs des panneaux photovoltaïques, mais aussi le système de notation et de classement des projets mis en place par le gouvernement, indique le membre du gouvernement en charge de l’énergie. En effet, 50 % de la note attribuée à un projet dépend du prix de vente proposé ». L’objectif est d’envoyer le message aux porteurs de projet que la compétitivité de la filière photovoltaïque est une condition essentielle à son fort développement.

* qui indiquent la puissance maximale pouvant être fournie par un dispositif dans des conditions standard.

Un secteur en plein essor

La filière calédonienne compte désormais cinq sociétés capables de développer des projets photovoltaïques d’envergure et autant de sociétés sous-traitantes en capacité d’assurer les installations sur site. En parallèle, les dispositifs mis en place par le gouvernement pour développer le photovoltaïque chez les particuliers et les entreprises ont conduit à la création d’une vingtaine de sociétés spécialisées dans le solaire sur toiture. Le développement de cette filière, comme dans toutes les îles du Pacifique, pose la question du recyclage de ces panneaux qui commenceront à être démontés d’ici 15 à 20 ans. C’est un secteur sur lequel la Nouvelle-Calédonie pourrait se positionner afin de répondre à la demande de la région.

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